Regards épars

Il était une fois

De vous à moi

Il y a des jours

Juillet 2008
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Bonjour et bienvenue

Comme l'a dit Françoise Dolto : "Tout est langage".
 Ici c'est mon langage artistique que j'ai envie de partager avec vous.
Mon dire et ma terre. Dire mes mots, mes émois et moi...

Pabête savait que la meilleure façon pour la morsure pointue c’était le dedans. Alors elle s’était débrouillée pour entrer. Peut être qu’elle s’était déguisée en appétissante pour se faire avaler, peut-être qu’elle avait fait semblant d’être un microbe, ou peut-être qu’elle était née là…Ca, c’était son secret ; et les secrets… ça se respecte. Non seulement elle était dedans mais en plus la sournoise, elle était derrière, là-bas dans le creudos.

Elle s’était donnée le temps de grandir puis, elle avait commencé à se faire les dents, au début c’était des petites mordissures de rien du tout, le genre de chatouillis qui grimace un peu le masque rigolard. Puis elle avait laissé pousser ses dents pour croqueboucher la chair. Alors là, le masque avait grimacé tordu. Elle, elle était fière de sa bouche.

Elle était fière de ses yeux aussi, elle en avait 12 ! 3 pour chaque direction, elle n’était jamais fatiguée parce qu’ils dormaient à tour de rôle. Toujours sur le qui-vive, elle faisait claquer sa mâchoire dès que ça bougeait dans l’une ou l’autre direction, parfois même quand c’était calme et pas menaçant, sa mâchoire claquetait : CLAC ! Juste pour s’amuser.

Le masque rigolard en avait carrémarre de cette dentue aiguisée, il allait lui montrer qui il était ! Parce que lui aussi il en avait des dents, des vraies, des belles qui brillent, des sourieuses et des esclaffeuses… Et puis d’abord, il était là depuis plus longtemps qu’elle, elle n’avait qu’à déguerpisser vite fait !

Première arme : la potion dormorante… Malgré tous ses yeux, Pabête ne l’avait pas vue venir et elle s’était laissée ensommeiller, surtout la nuit. Et puis, un matin elle avait rispostchoumé très pointu et le masque rigolard avait hurlecoulé fort. De peur, il avait sauté à pieds joints dans la marmite de potion mais ça lui avait essoré la cervelle et zigzagué le bidon.

Deuxième arme : lipabouge semblammort… Pabête en avait profité pour reposer un peu ses dents mais pas trop longtemps, sinon elle allait s’ennuyer…Mais le masque rigolard aussi s’ennuyait, c’était un bougeur… alors il a bougé et elle a claquebouché comme une dévorante. Il a cru qu’il se transformait pour toujours en masque pleurnichard. Il était fatigué dans sa chair et dans ses pensées aussi et puis, il n’aimait pas se battre. Alors, il a réfléchi.

Il a préparé une autre potion, pas une dormorante, une calmante. C’était comme un pacte : elle, elle mordait moins pointu et lui, il faisait moins le bougeur.

Ce n’était qu’une solution patientante. Il savait bien qu’il lui faudrait faire appel au magicien… Bistourius le magicien était le seul à pouvoir entrer pour neutraliser Pabête, mais pour cela il lui faudrait boumassommer le masque rigolard, ouvrir une petite fenêtre là-bas dans le creudos et coupetuer Pabête d’un coup de baguette bien appliqué. Le masque rigolard n’aimait pas beaucoup les coups de massue du magicien, ni ses coups de baguette, mais il n’avait plus le choix. Alors il a demandé à sa peur de s’endormir elle aussi et puis il s’est couché dans les mains du magicien et ses yeux ont vu tout noir. Mais après, quand la couleur reviendra, il pourra à nouveau bouger comme il voudra et à nouveau se promener dans la prairie de son creudos.

Vive la magie !

publié dans : Vistoires
Mardi 11 avril 2006
par HerniAnne ajouter un commentaire commentaires (3)   
communauté : Les mots dans tous leurs états

 

En bas dans la vallée, entre les deux montagnes pointues vivait Abandine. Elle habitait là depuis le jour où elle avait décidé de vivre, elle était rieuse parce que sa vallée était comme elle voulait : belle et fleurie. Elle s’amusait à composer des phrases papillons pour la décorer jolie. De par tous les morceaux de vie de la terre de cette vallée poussaient des joimis et Abandine passait son temps à les soigner. Elle les arrosait comme une vraie sourceuse pour les aider à pousser beaux et bien stabilidroits. Pour cela, avec un gros morceau de vie de terre et les gouttes de son cœur elle avait sculpté un puits. Tous les joimis avaient laissé pousser leur racines jusqu’à lui, certains savaient faire les chatouillis-câlins contre ses parois pour l’aider à se regoutter… C’était magicobien !

Un jour, un joimi a poussé de travers, ça n’était pas la première fois que ça arrivait mais celui-là, il avait un cri de vie plus chantonnant que les autres, un cri qui appelait les phrases papillons. Elle en a fait danser toute une colonie autour de lui et elle lui a versé des gouttes-tuteurs sur la tête, ça lui a plu ; comme il était aussi rieur qu’elle, il a ri et dans la vallée il a fait beau, il a fait chaud ! Elle l’a arrosé le jour, elle l’a arrosé la nuit et puis encore la nuit et puis encore le jour et même encore plus… Son joimi buvait tout, il commençait à devenir un peu plus stabilidroit. Mais le puits se vidait trop, il n’arrivait plus à se regoutter assez vite. Abandine le voyait bien mais son joimi était plus important que tout et puis il y avait aussi tous les autres à arroser. Alors elle a arrosé toujours et encore, elle a dansé la danse de la fontaine en chantant des phrases papillons…Mais le joimi a commencé à se sentir un peu trop mouillumide, il ne savait pas s’essorer, peut-être qu’il aurait fallu qu’il chatouille les parois du puits mais il ne savait pas comment faire. Quand il a été carrément trempouillé il a eu très peur de se noyer alors il a coupé toutes ses racines et il est parti…Comme il ne savait pas non plus faire les zorevoir, il est parti pour toujours.

Abandine est tombée dans le fond du puits, là où les gouttes sont sèches… elle a décidé qu’elle n’en sortirait jamais. Elle a cultivé un morceau de vie de terre caché tout au creux d’elle, rien que pour lui et elle l’a arrosé de rêves. Dehors les autres joimis étaient un peu secs aussi, ils ont essayé de chatouiller les parois, même ceux qui ne savaient pas ont essayé, mais ça n’a pas suffi. Dans la vallée, de nouveaux joimis avaient envie de pousser mais sans arrosage ils ne pouvaient pas, ça devenait moins fleuri.

Abandine avait peur et puis elle avait mal aux racines cassées. Elle est restée longtemps au fond du puits sans bouger, ses joimis lui envoyaient des phrases papillons pour qu’elle se sente moins seule. Elle savait qu’il lui faudrait sortir un jour parce que dehors ils l’attendaient tous, il faudrait qu’elle fasse encore l’arroseuse puisqu’elle était une arroseuse. Mais elle avait tellement peur ! Elle avait peur qu’un jour il revienne, qu’elle le voit traverser sa vallée, lui, bien strabilidroit, chantonnant et rieur avec toutes ses racines refermées. Elle savait qu’il reviendrait, les papillons le lui avaient dit… Mais pourquoi ? Pourquoi cette vallée, il y en avait tant d’autres… Elle, elle serait là pour le regarder passer mais lui, il ne la reconnaîtrait même pas.

publié dans : Vistoires
Mercredi 10 mai 2006
par ApeurAnne ajouter un commentaire commentaires (2)   
communauté : Les mots dans tous leurs états

C’était il y a bien longtemps, en ce temps-là les choses bougeaient dans tous les sens et à toute vitesse… les gens aussi. Ca allait tellement vite et tellement fort que loupiote n’y voyait plus rien, elle aurait bien voulu arrêter cette chavironde cabossante, mais elle ne savait pas sur quel bouton appuyer, elle avait essayé d’en enfoncer quelques-uns au hasard mais comme le hasard n’avait pas encore été inventé ça avait provoqué des catacrises électrifolles très chagrinantes.

Heureusement Loupiote avait une marmite guérissante…

Elle y a mis…sa plume à rêver, des cordes chantantes, des blablavoles et de la lumière d’argent, sans oublier le noir chocolat pour le goût. Ensuite, elle est entrée dans la marmite, elle a fermé le couvercle et elle s’est laissée mélanger jusqu’à ce que tous ses morceaux se déchagrinent, ça frissonouillait sous la peau partout à la fois. Elle a attendu, elle a attendu jusqu’à ce que le couvercle décide de faire PLOP trois fois. C’était le signal, les trois coups d’ouverture… le bébéstacle était mûr !

Loupiote avait bien remarqué que le chocolat était resté au fond de la marmite, c’était très dommage mais c’était un chocolat têtu, elle le savait. Elle, elle était la plus heureuse des loupiotes, elle trouvait qu’elle avait de la chance d’avoir un bébéstacle aussi lumineux. Il faudrait qu’elle s’en occupe, qu’elle lui apprenne à tenir bien droit et à se ramasser quand on tombe. Il faudrait qu’elle réchauffe ses peurs et ses doutes avec des paroles fleuries, il faudrait qu’elle le porte jusqu’au bord du monde et puis qu’elle le laisse s’envoler. Il faudrait qu’elle apprenne tout comme une vraie maman. Mais c’était facile parce que ce bébéstacle-là avait envie de grandir. Il a poussé tout doux avec beaucoup de sourirdroles et de complicimours. Il est devenu encore plus lumineux, il se sentait bien dans ses cordes et dans ses blablavoles, il battait des ailes comme un grand.

Loupiote avait bien remarqué qu’il brunissait caramel mais elle était tellement fière de lui qu’elle en oublia presque le goût du chocolat.

Mais le chocolat, au fond de la marmite, lui aussi il a grandi…il est devenu encore plus cacao, exactement le cacao qui faisait fondre loupiote… Un soir une odeur irrésistible de chocolat est venue chatouiller les cordes du bébéstacle… c’était tellement beau que le caramel s’est senti très caramel ! Loupiote est devenue rouge lanterne, elle s’est vue toute petite comme si elle n’avait jamais été une maman, elle ne comprenait pas pourquoi sa marmite guérissante lui faisait ce coup-là.

Son bébéstacle avait grandi caramel, elle l’aimait caramel, il resterait caramel !

Elle s’empara de sa marmite pour lui récurer le fond, lui gratouiller les bords et même le couvercle, elle a frotté jusqu’à ce que ses doigts s’usent, elle a frotté jusqu’à l’assomommeil.

Pendant qu’elle dormait, le caramel est devenu tout mou dans ses cordes… Loupiote a trouvé qu’être maman d’un bébéstacle, c’était dur ! Mais surtout elle a compris qu’elle s’était trompée de signal, le bébéstacle n’était pas encore assez mûr, il ne pouvait pas s’envoler dans le monde avec tous ses morceaux chagrins, il lui faudrait encore retourner dans la marmite guérissante, une marmite toute propre. Et puis il lui faudrait se laisser grandir… et qui sait, il grandirait peut-être caramel, peut-être chocolat, ou bien les deux, ou bien praliné, ou bien les trois… Qui sait ?

 

 

publié dans : Vistoires
Samedi 1 juillet 2006
par TissAnne ajouter un commentaire commentaires (3)   
communauté : Les mots dans tous leurs états

C’était le désert là où elle vivait. Il n’y avait pas d’arbre à balançoire, pas de marguerite à effeuiller et surtout pas de rossignol de mes amours. La seule chose qui poussait ici-bas c’était le vide troué, il poussait partout et à tout moment… surtout quand on n’avait pas envie de lui. Quand il décidait de pousser, il fallait se débrouiller pour être ailleurs ou faire semblant de ne pas le voir. Mais il germait tellement qu’il était devenu très difficile de l’éviter.

Ce jour-là, pendant que les pieds de Perdiote se promenaient par terre, sa tête était dans les lunages. Si seulement ça avait été le contraire, elle l’aurait vu, mais là… Paf ! Elle a mis le pied dessus au moment précis où il avait décidé de sortir de terre. Avec un bruit d’escargot énervé, le vide troué a traversé la chaussure invisible de Perdiote, il a grimpé au-dedans de sa jambe et il s’est laissé pousser jusqu’à sa ventrouille. Là, il a déplié son vide, il l’a troué bien creux. Perdiote a senti que le vent du désert était entré en elle et elle a eu froid, tellement froid qu’elle a eu peur. Elle a voulu se raccrocher aux branches mais il n’y en avait pas, elle a cherché des bras pour se blottir mais il n’y en avait pas non plus. Elle a crié jusqu’à ce que personne ne l’entende… Elle a pleuré jusqu’à ce que personne ne la console. Et puis tout d’un seul coup, une petite voix lui a dit des modous. Elle a ouvert ses yeux mouillés et elle a regardé tout autour d’elle, à la recherche de la petite fille qui venait de parler… Mais elle était seule, seule au milieu du désert, un désert sourd et muet, un désert de silence.

Le vide troué en a profité pour grimper encore plus haut et Perdiote est devenue la plus grande crieuse ruisselante du désert. Quand il est arrivé à la porte du cœur, il y eut un grand bruit et la petite voix à crié : « NON ! » tellement fort que le cri ruisselant de Perdiote a avalé sa langue.

La petite fille qui avait parlé n’habitait pas dehors mais dedans. Elle vivait dans un château en chocolat, bordé d’une rivière salée et vagueuse d’un coté, et d’un pré à chats de l’autre coté. C’était un endroit fleuri de soleil et sans limite, il était très peuplé parce que la porte était toujours grande ouverte. Sauf que là, pour la première fois, elle venait de claquer sous le cri de la petite fille et sur la tête du visitroueur qui a vu pousser sur son frondur une bosse de vide, ça l’a beaucoup vexémal. Jamais aucune porte ne lui avait résisté ! Il compris que le sentimour qui régnait dans ce lieu, était bien plus puissant que lui…Il ne le supporta pas ! Il se liquida tout rouge colère et s’en fut par la première issue qu’il trouva. Du même coup, la grande porte se rouvrit...

publié dans : Vistoires
Dimanche 6 août 2006
par VidAnne ajouter un commentaire commentaires (0)   
communauté : Les mots dans tous leurs états

Tu as la vedette : c’est la rentrée ! Ton bulldozer de cartables est venu balayer les crèmes solaires. Et c’est parti pour les bonnes résolutions : nouvelles activités, nouvelle hygiène de vie, nouveau ceci, nouveau cela… comme si tu représentais le « nouveau » ! Toi, le prologue automnal, l’annonciateur de la mort de l’été.

 

Quelle prestance ! Tu fais la une de l’actualité, on ne parle plus que de toi. Certains te trouvent beau : l’été indien… tu parles ! : « Où tu voudras, quand tu voudras… » : Très peu pour moi !

 

Non mais tu t’es vu là ? Regarde-toi ! Regarde comme tu es ridicule déguisé en mois de juin !

 

Ton pacte avec le soleil ne suffit pas à me berner. Tes jours n’en peuvent plus de s’étirer sans succès !

 

Tu as cru me prendre par surprise mais ça fait plusieurs semaines que je suis là, tapie à te guetter, plus les années passent et plus je te flaire tôt ! Je n’essaie même plus de courir sur la plage, je sais bien que tu vas me rattraper. Je sens d’avance ton étreinte glaciale. Je sais trop avec quel talent tu bâillonnes mes rires.

 

Tu cherches encore à me rogner, mais qu’est-ce que tu vas bien pouvoir m’arracher cette fois ? Moi qui ai commencé à avancer à cloche-pied bien avant la marelle...

 

J’ai tenté des diversions, j’ai déployé des stratégies, j’ai mis le masque rigolard… J’ai même joué une Madame Automne sur scène, pour tenter de te séduire. Mais à quoi bon puisque je ne t’aime pas ? A quoi bon puisque tu ne m’aimes pas ? Tout ce que tu engendres n’est pour moi que souffrance.

 

Septembre, tu es laid, tes nuages sont gonflés de pleurs et tes feuilles sont mortes. Remballe ton été de pacotille et passons à octobre. Vite ! Je rêve de te soustraire du calendrier.

 

Septembre, je te hais !

 
 

Ambiance Camille : "Pâle septembre"

publié dans : Vistoires
Mardi 5 septembre 2006
par DeuilAnne ajouter un commentaire commentaires (2)   
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