Regards épars

Il était une fois

De vous à moi

Il y a des jours

Décembre 2006
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Bonjour et bienvenue

Comme l'a dit Françoise Dolto : "Tout est langage".
 Ici c'est mon langage artistique que j'ai envie de partager avec vous.
Mon dire et ma terre. Dire mes mots, mes émois et moi...

Noir nuage silence,

Sournois, sur moi, tournoie,

S’enfle, se balance,

Et me noie.

Seul le chant des chaînes,

Cliquetis rongeant mes chevilles,

S’enfle, se déchaîne,

Et me brise.

Pieds collés,

Mains figées,

Oreilles cassées,

Voix envolée…

Envolée de l’espoir,

Tranchante et vibrante,

Au cœur du nuage noir,

1001 miettes sonnantes,

Le Do, le Ré, le Mi,

Et les autres aussi.

1001 retombées chantées

Picorent les chaînes de mes pieds…

Portée !

 

 

 

publié dans : Autres poèmes
Samedi 2 décembre 2006
par Anne ajouter un commentaire commentaires (0)   

 

Pour qu’il se crée le secret,

Il faut le taire.

Mais je ne suis plus secrétaire !

Si tu déposes en moi un secret,

Tu me dépossèdes du besoin de dire…

Il ne me restera plus qu’à le terre,

Et alors là, un pas se crée…

Sur le chemin du dire.

Et avec le dire se crée l’écoute,

Ecoute, écoute j’ai quelque chose à te dire…

« Si tu connais un secret, dis-le…

Mais pas à moi, parce que moi…le secret...

Je ne sais pas ce que ça veut dire ! ».

publié dans : Blablagaïanne
Mardi 5 décembre 2006
par Anne ajouter un commentaire commentaires (3)   

Passent les jours, passent les années…

12 printemps, 12 étés…

12 années à te regarder pousser.

Qu’aurait été ma vie sans ton regard ?

Qu’auraient été mes chagrins sans tes égards ?

Tu es le seul au monde à entendre,

Avant même que je ne dise.

De toi je peux tout comprendre,

Même les grosses bêtises.

Passent les jours, passent les regrets…

Comme je t’ai regardé poussé,

Homme en devenir,

Je te regarderai partir.

 

publié dans : Autres poèmes
Vendredi 8 décembre 2006
par MamAnne ajouter un commentaire commentaires (8)   


"Simple. Oui Madame, un aller simple... Merci."

Rassembler le strict nécessaire et laisser le superflu. Je prends ma plume et mon appareil photo, je laisse mes doutes et mes questions. Bien sûr, je reviendrai mais je ne sais pas quand… Quand ce sera le moment… Vous savez que je ne l’ai pas décidé, ça a toujours fait partie de moi.

Je grimpe dans le corps de l’oiseau de fer, je pleure, je n’ai jamais aimé les départs. L’homme assis à coté de moi me sourit d’un air compatissant, sa peau est noire, pour lui c’est un retour. On décolle. Le percussionniste au creux de ma poitrine commence à s’emballer, je n’ai aucune prise sur lui, il joue, il s’amuse, il rit… je ris avec lui car je sais. Ce tintamarre fou, je suis la seule à en comprendre le rythme. Danse de ma vie. Je me laisse aller à cette transe, mes yeux se ferment, le temps s’arrête…

Perte d’altitude. Dégradé de marrons. Tons savane… Apogée du percussionniste fou. Atterrissage. La porte s’ouvre, mes yeux se ferment. Un frisson parcourt mon épine dorsale, mes mains vibrent, mes oreilles se voilent… narines dilatées, j’hume, je respire, mes poumons s’emplissent de cette moiteur, je laisse ce souffle de vie s’imprégner dans mon corps, je le sens envahir toutes mes parcelles… je n’aurai plus jamais froid.

Se diriger vers la sortie, descendre les marches en titubant et se souvenir que pour avancer il suffit de poser un pied devant l’autre. Je ne vois personne, tout est flou, je marche sur un nuage de chaleur, c’est doux. J’avance encore, peu à peu mes yeux se fixent sur un point, je distingue une femme, c’est une femme, je ne vois qu’elle, elle m’attend, c’est une femme, je la connais, elle me sourit, elle me tend la main, je la saisis, elle m’entraîne… traversée du hall de l’aéroport en courant. Ensemble, franchir la porte. Ensemble, poser nos pieds dans la poussière.

BOUM… résonance. Le percussionniste se calme. Je ris, je la regarde, je pleure. Elle est noire, elle est belle. Je savais qu’elle m’attendrait.

Bonjour. Bonjour Moi.

 

http://www.ousmanesow.com/mac/index.htm

publié dans : Vistoires
Lundi 11 décembre 2006
par AfricAnne ajouter un commentaire commentaires (9)   

 

"La petite châtelaine" Camille Claudel

 

Petit papa noël, c’est qui ? C’est le papa de Noël ? C’est qui Noël ? Et puis il est pas petit, il est gros. Je veux pas m’asseoir à coté de lui, il me fait peur. Je m’en fiche, je vais lui tirer la langue sur la photo ! Non, maman sera pas contente ! Je vais lui sourire avec mon masque, comme ça moi aussi je serai déguisée. Il faut pas que je le regarde sinon je vais pleurer. Il me fait peur, je veux pas le toucher. Non, il faut pas que je le regarde. Non ! Ca y est, je pleure. Encore une photo où je pleure. Maman sera pas contente. C’est Ghislain qui me l’a dit qu’il exisait pas le Père Noël, Ghislain c’est pas mon copain mais là il était assis à coté de moi. On était en train de colorier mon beau sapin, celui de la chanson. Moi j’avais mis plein de lumières sur le mien. Ghislain il m’a dit : « Tu veux que je te dise un secret ? ». Moi j’ai dit : « Oui ! ». Il m’a dit : « Le Père Noël, il existe pas… c’est les parents ». « C’est les parents quoi ? ». « C’est les parents qui achètent les jouets et qui font croire que c’est le Père Noël ! ». Moi, j’ai dit : « Non, c’est pas vrai ! Tu mens ! ». J’ai appuyé sur le bouton pour fermer mes oreilles mais c’était trop tard. Ghislain il rigolait, il disait que son grand frère à lui, il lui avait dit la vérité ! Je savais bien qu’il mentait pas parce que l’année dernière, je l’avais vue maman, quand elle allait cacher le carton de la poussette de poupée tout en haut de l’armoire. Je l’avais suivie pour voir, elle avait pas été contente maman. Ghislain, il a continué à se moquer de moi mais j’ai pas pleuré. Quand je suis rentrée de l’école j’ai dit à maman : « c’est vrai qu’il existe pas le Père Noël ? ». Elle a dit : « Oui, c’est vrai ». Mes oreilles se sont fermées sans que j’appuie sur le bouton. Elle m’avait mentie, ils m’avaient tous mentie. Je croirai plus jamais les grands, je croirai que les enfants. Je veux pas devenir grande, je veux pas d’enfants pour pas leur mentir ! Si le papa de Noël il est pas dans le ciel, alors le mien non plus ! Ils m’ont mentie ! Y a personne au ciel, même pas dieu ! Le ciel, c’est rien que de l’air, y a pas de sol, on peut pas tenir sans sol, on tombe ! Trop bête de les avoir cru, plus bête que bête ! Je peux mettre le chapeau sur le A de mon prénom ! J’ai déchiré mon beau sapin. J’aime pas les sapins. Ca pue ! C’est l’arbre des boîtes des morts ! J’aime pas la neige, j’aime pas le froid. Je les veux pas vos cadeaux, j’ai pas besoin de jouets, je veux plus jouer. Je veux tous les donner aux enfants qui n’en ont pas. Et puis la bûche aussi… j’aime pas la bûche, je veux la donner aux petits noirs qui ont les gros ventres parce qu’ils mangent pas… Mais peut-être qu’ils n’en voudraient pas de ma bûche dégueulasse, je sais pas. Je sais plus. Je sais rien. Me parlez plus de Noël. M’en parlez plus… J’appuie sur le bouton.

 

« Petit Papa Noël, toi qui es descendu du ciel, retournes-y vite fait bien fait avant que j’te colle une droite, avant que j’t’allonge une patate, que j’te fasse une tête au carré… TETE AU CARRE !!!! »

publié dans : Vistoires
Mardi 19 décembre 2006
par Moi ajouter un commentaire commentaires (7)   
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