Tu as
la vedette : c’est la rentrée ! Ton bulldozer de cartables est venu balayer les crèmes solaires. Et c’est parti pour les bonnes résolutions : nouvelles activités, nouvelle hygiène de
vie, nouveau ceci, nouveau cela… comme si tu représentais le « nouveau » ! Toi, le prologue automnal, l’annonciateur de la mort de l’été.
Quelle prestance ! Tu fais la une de l’actualité, on ne parle plus que de toi. Certains te trouvent beau : l’été indien… tu
parles ! : « Où tu voudras, quand tu voudras… » : Très peu pour moi !
Non mais tu t’es vu là ? Regarde-toi ! Regarde comme tu es ridicule déguisé en mois de juin !
Ton pacte avec le soleil ne suffit pas à me berner. Tes jours n’en peuvent plus de s’étirer sans succès !
Tu as cru me prendre par surprise mais ça fait plusieurs semaines que je suis là, tapie à te guetter, plus les années passent et plus je te
flaire tôt ! Je n’essaie même plus de courir sur la plage, je sais bien que tu vas me rattraper. Je sens d’avance ton étreinte glaciale. Je sais trop avec quel talent tu bâillonnes mes
rires.
Tu cherches encore à me rogner, mais qu’est-ce que tu vas bien pouvoir m’arracher cette fois ? Moi qui ai commencé à avancer à
cloche-pied bien avant la marelle...
J’ai tenté des diversions, j’ai déployé des stratégies, j’ai mis le masque rigolard… J’ai même joué une Madame Automne sur scène, pour tenter
de te séduire. Mais à quoi bon puisque je ne t’aime pas ? A quoi bon puisque tu ne m’aimes pas ? Tout ce que tu engendres n’est pour moi que souffrance.
Septembre, tu es laid, tes nuages sont gonflés de pleurs et tes feuilles sont mortes. Remballe ton été de pacotille et passons à octobre.
Vite ! Je rêve de te soustraire du calendrier.
Septembre, je te hais !
Ambiance Camille : "Pâle septembre"
De vous à moi