Regards épars

Il était une fois

De vous à moi

Il y a des jours

Août 2007
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Bonjour et bienvenue

Comme l'a dit Françoise Dolto : "Tout est langage".
 Ici c'est mon langage artistique que j'ai envie de partager avec vous.
Mon dire et ma terre. Dire mes mots, mes émois et moi...


- Tu dis que tu dis tout mais, avec moi,  tu dis plus comme avant…

- C'est vrai, je m’empêche de dire parce que j’ai peur.

- C’est idiot.

- Oui, c’est idiot, comme toutes les peurs… C’est ma protection c’est tout. Je suis fragile et je le sais. Voilà.

- T’as peur de quoi ?

- De tomber à coté, d’être ridicule…

- Mais non…

- Me dis pas « mais non », je le sais de quoi j’ai peur…

- Mais non, t’es pas ridicule je veux dire.

- Je peux pas le savoir puisqu’il n’y a plus d’écho. Je me bats contre le silence mais il finit toujours par gagner. Tu vois, si tu te trouves dans un grand espace, que tu lances une belle phrase à la nature et que tu l’entends résonner, c'est génial, elle te revient amplifiée, chargée de plein de jolies choses qu’elle a glanées et elle tinte à tes oreilles comme un gong ou un bol tibétain : c’est magnifique ! Sûr que tu vas avoir envie d’en dire une autre et puis encore une autre : c’est beau, c’est plein, c’est riche. Par contre si tu te trouves dans un lieu qui n’a pas de résonance… ta phrase elle fait plof… tu vas attendre son retour, l’attendre encore et encore mais elle ne reviendra pas ; alors, tu finiras peut-être par regretter de l’avoir dite.

- Ca veut dire donner pour recevoir.

- Ca veut dire surtout manquer d’assurance et de sécurité. Mais oui désolée, donner pour donner j’y bosse mais j’y arrive toujours pas. En tout cas pas avec tout le monde.

- Mais ce comportement fait mourir les relations…

- Oui, bien sûr. Le non-dialogue fait tout mourir. Je le sais mais voilà, c'est difficile…

- Hé ben, puisque tu le sais envoie-les tes jolies phrases !

- Facile à dire… Et puis tiens, puisque tu le sais aussi… Résonne ! Raisonne !

- Facile à dire…

- Ouais. Alors, on fait comment?


publié dans : Dialogues
Jeudi 9 août 2007
par Gaïa ajouter un commentaire commentaires (2)   

Dobet Gnahore

Je t’admire toi, femme des champs
Toi qui cultives la terre et nourris nos enfants
Toi qui connais le secret des plantes
Et guéris les maladies.
Je t’admire toi, femme de l’ombre
Toi qui te bats pour la liberté
Toi qui luttes pour la paix
Pour faire évoluer le monde
Tu es l’avenir, femme
Toi qui sais pardonner
Femme d’Afrique, femme d’Asie
Femme d’Europe, femme du monde.

Je t’admire toi, femme des quartiers,
Toi qui deviens mère de cœur
De ces orphelins qui ont tout perdu
Grâce à toi, ces jeunes gardent le sourire
Tu es l’amour, tu es le pardon
Tu es l’espoir, tu es l’étoile
Toi qui sais porter la bonne parole
Femme d’Afrique, femme d’Asie
Femme d’Europe, femme du monde.

 Clic pour l'écouter

publié dans : Mots d'autres
Vendredi 10 août 2007
par Gaïa ajouter un commentaire commentaires (1)   

 


- Vous n’avez qu’à les poser là…

- Là ?

- Oui, s’il vous plait, là. Voilà…

- Bien, comme vous voulez.

- Merci et à bientôt…

- Vous êtes sûre que ça va aller.

- Oui, oui, ne vous inquiétez pas, je n’ai pas besoin de grand-chose,  j’ai tout ce qu’il me faut.

- Bon, comme vous voudrez… Je repasserai dans une semaine.

- Merci Noungou. Merci pour tout. Vraiment.

Ici ou ailleurs… ça ne faisait pas grande différence. Elle était fatiguée, il était temps qu’elle pose ses valises. L’endroit lui avait paru hospitalier, elle n’avait rien réfléchi, rien calculé. En tout cas il était suffisamment isolé de toute civilisation pour qu’elle puisse respirer. Là, voilà, elle respirait… Malgré la chaleur ambiante, elle respirait. Elle aimait cette moiteur. Retour aux sources.

Elle n’avait jamais su où aller, tout simplement parce qu’elle ne savait pas d’où elle venait… D’où venait-elle ? Elle en savait le continent mais c’était tout. Elle était une éternelle perdue. Elle savait l’erreur de peau aussi. Il y a parfois des erreurs lors des naissances, elle, elle avait fait l’objet d’une erreur de peau.

Elle pensa que peut-être elle allait rencontrer une femme noire qui chercherait sa peau blanche, elles pourraient peut-être échanger, genre « la vie est un long fleuve tranquille »…
C’était idiot, elle avait toujours des pensées idiotes, elle ne pouvait s’en empêcher.

Née de père inconnu… Tout de suite, ça force le respect. Hé ben non, son père à elle avait été connu. Connu de la société, de sa famille, de tout le monde… sauf d’elle. Alors, elle le rêvait. Elle le rêvait noir, elle le savait blanc. Elle le rêvait robuste, elle le savait fragile. Elle le rêvait vivant, elle le savait mort. Mort comme ses rêves de petite fille, calcinés par des mensonges d'adultes…

Seule. Elle était seule et cette fois elle l’avait choisi. L’avantage lorsqu’on le choisit c’est qu’on ne peut s’en plaindre. Là, personne ne l’avait lâchée, elle s’était lâchée toute seule. Elle voulait faire l’expérience du « lâcher », elle était arrivée à un moment de sa vie où le lâcher s’imposait : lâcher de valises, lâcher de gens, lâcher de valeurs, lâcher de tout. Plus que jamais, elle était  plus dans l’Etre que dans l’Avoir et elle souffrait de plus en plus d’isolement. La communauté qui l’entourait là-bas ne comprenait pas ce détachement à la matière. Tous ces gens qui n’avaient de cesse que d’amasser plus d’objets, plus de denrées, plus de confort, plus d’inutile pour combler leur manque d’amour ou de cœur. Elle, elle se voulait légère et pour ça, il fallait qu’elle lâche…

Elle pleura. Elle pensa qu’elle était Rafara la petite fille adandonnée dans la brousse, et que le monstre dévoreur d’enfants perdus allait venir la prendre pour la dévorer. Mais ça aussi c’était idiot, elle n’était plus une petite fille, les monstres ne raffolent que de chair fraîche, c’est connu. Elle s’endormit.

Quand elle s’éveilla, le soleil avait décliné et elle constata qu’elle avait une tente à monter, elle était nulle en montage en tout genre. Elle se dit que si Harrison Ford passait par là elle dirait oui pour la construction de cabane (et pour le reste aussi ! ). Mais ce jour là, il passa ailleurs alors elle dut se débrouiller, non sans pester, mais au bout de quelques heures de gesticulations transpirantes elle se trouva devant quelque chose qui pouvait ressembler à un abri et même plus si affinité.

Elle alla jusqu’au marigot pour tenter une toilette et c’est, comme toujours, au contact de l’eau qu’elle se sentit exister. Elle décida de se débarrasser aussi de ses vêtements d’Européenne, elle fit un feu avec. Après un repas sommaire, elle s’enroula dans un pagne et s’allongea au sol pour contempler les étoiles.

Un chant africain lui vint, elle s’écouta chanter, sa voix lui plut, ce chant venait du ventre, elle sentit la rondeur du son se promener dans son corps, elle se laissa vibrer … Et puis, émue, elle entendit la voix du griot qui le lui avait appris se mêler à la sienne. Elle croyait les avoir oubliés, lui et sa voix... Mais non bien sûr, elle était incapable d'oublier une voix et surtout pas celle-là. Elle chanta encore et encore, elle était heureuse, entière. Elle se mit à l’abri, enveloppa les gens qu’elle aimait d’un voile de pensées et elle s’endormit à nouveau, là sur cette terre… sa terre.

Quand elle se réveilla, Noungou était là, elle lui demanda pourquoi il venait si tôt. Quand il lui répondit qu’il tenait toujours parole et qu'il y avait exactement une semaine qu’il l’avait laissée, elle ne comprit rien.

Elle ne sut jamais si elle avait dormi pendant 7 jours ou si elle avait perdu la mémoire de son séjour. Mais elle ne chercha pas à comprendre, l’important c’était qu’elle se sentait reposée et sereine, habitante de son corps et qu’elle pouvait désormais rejoindre sa vie.

publié dans : Vistoires
Mardi 14 août 2007
par Gaïa ajouter un commentaire commentaires (6)   
- Non, attends, attends encore un peu…
- Rhoo... C’est long !
- Patience, on y est bientôt.
- Humm…

- Voilà ça y est ! Tu peux regarder.
 

Alors tout doucement, elle enleva le bandeau qui lui piquait les paupières en lui imposant le noir depuis trop longtemps. Elle trépignait d’impatience de découvrir ce lieu qu’on lui avait caché avec tant de talent, nourris de tant de suspense… Elle avait le sourire, elle avait peur aussi. D’où vient cette peur face à la découverte d’une surprise concoctée par ceux qui nous aiment ? La peur d’être déçue ? La peur de l’inconnu ? Une surprise ? Quelle surprise ? Pourquoi une surprise ? Elle ouvrit les yeux, regarda et se retrouva dans un lieu inconnu mais qui ne présentait pas un intérêt particulier à priori… elle ne comprenait pas. Et puis la voix qui l’avait guidée jusque là lui dit : « tu es prête ? Alors retourne-toi. »
Elle s’exécuta et … Se paralysa.
Le choc était trop important pour qu’il se passe quoi que ce soit dans son corps. Absence. Ni voix, ni larmes, ni tremblement, ni rien. Toutes ses émotions l’avaient quittées. Pétrifiée. Elle sentit alors qu’on lui glissait un siège sous les fesses, elle s'y laissa tomber. Sa bouche enfin s’entrouvrit et elle réussit à articuler :
« c’est bien toi ? ».
Un sourire lumineux lui répondit.
Ce sourire ! Son sourire !
Combien de jours peuplés du souvenir de ce sourire ?
Combien d’années dans le manque de ses traits, de sa voix, de ce regard ?
Combien de siècles à attendre ce moment ? A le rêver ? A y renoncer ? A le rêver encore et encore.
Combien ?

Un regard.
Une larme.
Une main.
Un bras.
Des bras.
Ses bras.
Des larmes…
Enfin!


etreinte.jpg

Sculpture de Mélanie Quentin : clic!

 

publié dans : Vistoires
Mercredi 22 août 2007
par Gaïa ajouter un commentaire commentaires (3)   
Je viens d'être sollicitée (sans doute par l'intermédiare d'Enigmus : merci!) pour  participer  au  CroûtOthon  (ma plume se fait célèbre :  Waouw!)
J'ai donc choisi d'écrire sur cette pub là :

1399345.jpg
Et j'ai écrit ça :


- Je graverai ton nom dans tous les océans.
- Pourquoi, t’as peur de l’oublier ?
- Non, au contraire, ni ton nom ni toi, je t’aimerai toujours.
- Moi, ton nom il est gravé dans ma chair.

Voilà les derniers mots qu’ils se sont dits le jour où ils se sont quittés, assis cote à cote et main dans la main sur ce banc d’école, leurs regards perdus dans le vide.
Et puis chacun est parti de son coté avec, caché au fond du cœur, la folle promesse de ne jamais s’oublier… Et puis le temps, et puis la vie….
Bien sûr cent fois, elle a eu envie de le rechercher, bien sûr elle a pensé qu’il l’avait oubliée. Elle se voyait l’appeler et à l’annonce de son prénom s’entendre répondre : « c’est qui ? » : insupportable, inenvisageable !
Bien sûr cent fois, il a eu envie de débarquer chez elle (il savait dans quelle ville elle vivait, il avait mené sa petite enquête). Il se voyait sonner à sa porte et peut-être qu’une petite fille lui ressemblant comme deux gouttes d’eau se serait écriée : « maman, un Monsieur pour toi !» : insupportable, inenvisageable !

Il était 4 heures du matin lorsque son portable signala l’arrivée d’un message :

« Je graverai ton nom dans tous les océans »
Elle : « moi, ton nom il est gravé dans ma chair ».
Lui : « Je t’aime »
Elle «  Viens ».

Bon, vous me direz... ce n'est qu'une variante de mon post précédent : oui, c'est vrai mais j'ai pas réfléchi, j'ai joué le jeu de l'automatique et en ce moment, mon automatique est aux retrouvailles : j'y peux rien. (incurable coeur d'artichaut !)
En tout cas c'est sympa ce truc... Allez, tous à vos croûtes hein ? Qui c'est qui s'y colle? Humm... Allééééé Schméleleuuuu!!!!
Et toutes mes excuses à Spiruline pour le maquillage  :D

publié dans : Fictions
Vendredi 24 août 2007
par Gaïa ajouter un commentaire commentaires (2)   
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