C’était le désert là où elle vivait. Il n’y avait pas d’arbre à balançoire, pas de marguerite à effeuiller et surtout pas de rossignol de mes amours. La seule chose qui poussait
ici-bas c’était le vide troué, il poussait partout et à tout moment… surtout quand on n’avait pas envie de lui. Quand il décidait de pousser, il fallait se débrouiller pour être ailleurs ou faire
semblant de ne pas le voir. Mais il germait tellement qu’il était devenu très difficile de l’éviter.
Ce jour-là, pendant que les pieds de Perdiote se promenaient par terre, sa tête était dans les lunages. Si seulement ça avait été le contraire, elle l’aurait vu, mais là… Paf ! Elle a mis le pied dessus au moment précis où il avait décidé de sortir de terre. Avec un bruit d’escargot énervé, le vide troué a traversé la chaussure invisible de Perdiote, il a grimpé au-dedans de sa jambe et il s’est laissé pousser jusqu’à sa ventrouille. Là, il a déplié son vide, il l’a troué bien creux. Perdiote a senti que le vent du désert était entré en elle et elle a eu froid, tellement froid qu’elle a eu peur. Elle a voulu se raccrocher aux branches mais il n’y en avait pas, elle a cherché des bras pour se blottir mais il n’y en avait pas non plus. Elle a crié jusqu’à ce que personne ne l’entende… Elle a pleuré jusqu’à ce que personne ne la console. Et puis tout d’un seul coup, une petite voix lui a dit des modous. Elle a ouvert ses yeux mouillés et elle a regardé tout autour d’elle, à la recherche de la petite fille qui venait de parler… Mais elle était seule, seule au milieu du désert, un désert sourd et muet, un désert de silence.
Le vide troué en a profité pour grimper encore plus haut et Perdiote est devenue la plus grande crieuse ruisselante du désert. Quand il est arrivé à la porte du cœur, il y eut un grand bruit et la petite voix à crié : « NON ! » tellement fort que le cri ruisselant de Perdiote a avalé sa langue.
La petite fille qui avait parlé n’habitait pas dehors mais dedans. Elle vivait dans un château en chocolat, bordé d’une rivière salée et vagueuse d’un coté, et d’un pré à chats de l’autre coté. C’était un endroit fleuri de soleil et sans limite, il était très peuplé parce que la porte était toujours grande ouverte. Sauf que là, pour la première fois, elle venait de claquer sous le cri de la petite fille et sur la tête du visitroueur qui a vu pousser sur son frondur une bosse de vide, ça l’a beaucoup vexémal. Jamais aucune porte ne lui avait résisté ! Il compris que le sentimour qui régnait dans ce lieu, était bien plus puissant que lui…Il ne le supporta pas ! Il se liquida tout rouge colère et s’en fut par la première issue qu’il trouva. Du même coup, la grande porte se rouvrit...
communauté : Les mots dans tous leurs états

Petite étincelle monte, monte…
[Refrain:]
De vous à moi