Dire et Terre
Il était une fois...
Il a 7 ans à Lyon…
Et il était deux fois…
La semaine dernière à Montpellier.
Un conte aux textes légers et drôles qui s’applique a détrôner un ténor qui "se la pète un peu trop" ! Un voyage initiatique vrai et profond!
Joël Jouanneau a écrit cet opéra il y a 7 ans, pour répondre à la demande d’un Monsieur qu’il aime beaucoup : Mr Durel, le Directeur de l’Opéra de Lyon.
Explication :
« Quand j’écris cet opéra, je pense à la sagesse de ce Monsieur devant la vie, c’est en pensant à lui oui, que j’ai imaginé son contre alter égo : un ténor plus fort que fort qui se croit tout permis. Je l’ai envoyé en classe de neiges, le ténor, sur la banquise, au pays des Ardoinzos, afin qu’il apprenne à chanter faux, qu’il apprenne aussi que le verbe bavoir est moins intéressant que le verbe bêtre, ainsi nous on pourra l’applaudir, d’une seule main et sans faire de bruit. Et ils lui ont tout appris comme il faut pas, les Ardoinzos, tout appris de travers et à la baguette. Et maintenant il est complètement guéri, le ténor il est plus que fort, c’est un moins que rien, même qu’il ne fréquente que les notes intenses du silence, et à l’opéra il est le seul à savoir faire ça »
Pour mener à bien ce projet, il s’entoure d’un compositeur aussi "fou" que lui : Jacques Rebotier… qui écrit une partition pour un seul instrument (sans compter la voix bien évidemment) : le violoncelle ou plutôt 8 violoncelles, un octuor comme on dit chez les musiciens !
Explication :
"ici 32 cordes, et quelques autres, vocales. Les plus chauds des instruments, les cordes, le plus chaud d'entre eux, le violoncelle. Et plus chaud que les plus chauds instruments : la voix. Au coeur de cette extrême chaleur, réside pourtant une froideur extrême : celle du non-vibrato. Le langage naturel de la voix de l'enfant. Qui parfois dans l'aigu soudain vous saisit, comme sait aussi vous glacer d'une harmonique, ou d'un accord d'harmoniques, des violoncelles."
L'anecdote :
Joël Jouanneau a un jour été victime d’une syncope… Et il a eu envie d’imaginer un « délire », une sorte d’histoire parallèle qui aurait pu se passer durant cette brèche hors du temps que représente ce malaise.
Le conte :
Mr Ouate, star capricieuse, imbu de sa personne est victime d’une syncope. Il se retrouve alors propulsé au pays d’Amok. Ce sont les Ardoinzos, peuple de cette terre des grands fonds et des grands froids, qui s’occuperont de lui.
Ausculté par le grand Arnak, sorcier des Ardoinzos, le diagnostic est clair : Ouate a un ego surdimensionné et se prend pour un roi ! Seule solution : la décapsulation du cerveau.
Extrait :
« Ses grands airs l’ont fait déjanter, il doit déchanter, sinon : va crever »
« Griffure lui décapsula le ciboulot, à Ouate… et puis on est allé chercher Grogg, il était au sommeloir, il opère à vif, et il opère qu’une fois, avec moi ça passe, ou pas, il dit, et si ça passe pas ça trépasse, et tant pis… »
« … et puis on a attendu qu’il soit bien réparé, des longs mois on a attendu, toute une hiberne, et une fois sur pied, on a fait appel à Grunge, le prof de Solfège, un esspèce de la voix, et il avait sa férule avec lui… »
La férule du Professeur Grunge a eu raison de lui, il a renoncé à la gloire, il a préféré devenir un indien des neiges, un Heyoka : (c’est chez les Inuits, le chaman-clown qui prend en charge les malheurs de la tribu, les transformant en rire. « ensuite le heyoka va moins bien, mais la tribu va mieux » précise Joël Jouanneau ).
En images :
Représentation du 30 avril
Ne me demandez pas pourquoi les photos s'obstinent à défiler à l'envers (peut-être parce que ce spectacle est pas très à l'endroit...)
La première fois que j’ai vu cet opéra mes oreilles ont été un peu surprises mais j’ai aimé, la deuxième fois j’ai adoré… Pour ce que ça raconte, pour la façon dont c’est raconté, pour le bonheur contagieux des enfants-interprètes, pour voir ma fille transformée en professeur Grunge (bravo les maquilleuses : méconnaissable !).
Merci à tous les « fous » qui se sont mis en 4 pour que ce spectacle ait lieu (et peut-être même que j’en fait, indirectement, un tout petit peu partie)!
Eclats de rire d’enfants,
Jetés au visage des grands,
Petite pluie candide,
Gomme toutes les rides.
Eclats de rire d’enfants,
Morceaux de joie jetés au vent,
Envolés dans l’orage du monde,
Raillent, désarment l’immonde.
Eclats de rire d’enfants,
Ne désertez pas mon dedans,
Vous êtes ma seule arme,
Face à l’assaut des larmes.
De vous à moi