Regards épars

Il était une fois

De vous à moi

Il y a des jours

Mai 2007
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Bonjour et bienvenue

Comme l'a dit Françoise Dolto : "Tout est langage".
 Ici c'est mon langage artistique que j'ai envie de partager avec vous.
Mon dire et ma terre. Dire mes mots, mes émois et moi...

C’était toujours comme ça chez nous le dimanche…
On se levait quand on se levait, chacun se préparait à son rythme… il régnait dans la maison un silence particulier, une sorte de recueillement religieux. Chacun s’appliquait à prendre ce qui lui était le plus cher en se disant : « si je ne reviens pas, il faut absolument que j’emporte ça ou ça ».
Maman prenait le grand sac que papa lui avait offert et au-dedans elle fourrait tout ce qu’elle trouvait sur son chemin… il n’y a pas eu deux dimanches semblables, le contenu de son sac changeait au gré de ce qui lui passait par la tête à ce moment-là, je crois en fait que maman n’était attachée à aucun objet… ou bien à tous peut-être je ne sais pas, en tout cas elle emportait toujours ce même sac en cuir noir élimé, c’était lui l’objet le plus important. Moi j’aimais bien regarder ce qu’elle avait emporté, je crois qu’aucune maman au monde ne pouvait avoir un contenu de sac semblable à celui de ma mère le dimanche, il était toujours plein à ras bord et jamais fermé, ce qui énervait papa d’ailleurs… Mais ça ne changeait rien, maman n’a jamais rien su fermer, pas plus son sac que sa maison, pas plus sa bouche que son cœur.
Papa lui, prenait les cannes à pêche et les jumelles… très important les cannes à pêche surtout quand on ne sait pas pêcher. Les jumelles c’était pour le paysage qui s’amusait à changer de couleurs et de formes à chaque fois. Ensuite il disait à maman : « tu as pensé au pique-nique ? ». Elle répondait toujours «  ha non ! »… alors, elle prenait aussi un panier dans lequel elle emportait l’intégralité du contenu du frigo, c’est à dire pas grand-chose, elle oubliait toujours de faire les courses.
Lucille prenait sa musique et ses bouquins et moi je ne prenais rien, j’aurais bien voulu prendre mon chat mais il avait peur de l’eau comme tous les chats, mais quand même je me disais que si je ne revenais pas, j’allais drôlement être en manque de lui.
On remplissait le coffre de la voiture pendant que papa attelait le bâteau et puis on roulait jusqu’au port, on savait la chance qu’on avait, on savait le moment magique qu’on s’apprêtait à vivre et jusqu’à ce que notre bateau se fasse prendre par le Zaphur personne ne disait mot, on s’appliquait à déguster le silence du mystère qui allait se jouer, on savait que tout pouvait arriver. 
Une fois au port, papa et Lucille mettaient le bateau à l’eau et maman et moi les provisions dans le bateau. Puis papa démarrait le moteur, j’aimais ce vrombissement qui se faisait l’écho du mélange d’impatience, d’excitation et de peur qui régnait toujours à cet instant.
Papa n’était pas meilleur navigateur que pêcheur mais c’était inutile, il suffisait qu’il sache l’endroit exact où le Zaphur prendrait naissance ce jour-là. Quand il le décidait, il éteignait le moteur et il se mettait à observer méticuleusement la surface de l’eau, à la scruter … Et puis d’un coup il disait : « Chut, regardez, c’est ici… On y va ? » Et là, chacun observait et écoutait attentivement la respiration de la mer et chacun savait ce qu’il devait faire… Pour faire sortir le Zaphur, il fallait caler sa respiration à celle de la mer. D’abord papa, puis maman, puis Lucille, puis moi… Respirer la mer, j’y arrivais toujours du premier coup, les autres aussi d’ailleurs… A l’instant précis où l’on sentait la mer respirer en nous, un petit chant se levait, un chant venu du fond des mers… Le chant du Zaphur. On fermait les yeux et on se laissait prendre… C’était absolument magique, indescriptible, semblable à rien de ce que j’ai pu vivre depuis. Un temps en dehors du temps, un espace au-delà de l’espace. Un quelque chose que l’on ne raconte pas.
Chaque dimanche était un nouveau voyage pour le pays de nulle part où seuls ceux qui croient au Zaphur peuvent se rendre…


publié dans : Fictions
Jeudi 3 mai 2007
par Gaïa ajouter un commentaire commentaires (14)   

 

 


- Alors, tu l’as fait…

- Oui.

- J’en étais sûr !

- Ha ? Moi non.

- Moi si.

- Tu me connais mieux que moi ?

- Oui. Toi aussi tu me connais mieux que moi.

- Tu te rends compte, si on se connaissait pas …     On se connaîtrait pas !

 

publié dans : Dialogues
Mardi 8 mai 2007
par Gaïa ajouter un commentaire commentaires (18)   

Lui


- C’est qui lui ?

- Je ne sais pas. C'est quelqu'un puisqu'il est là.

- Ca fait longtemps qu’il est là ?

- Oui il me semble, tu dis quoi toi ?

- 1000 ans.

- Oui, on dit que ça fait 1000 ans qu’il est là.

- 1000 ans sans bouger, c’est beaucoup.

- Oui mais il n’a pas envie de bouger, tu vois ?

- Pourquoi ?

- Parce qu’il a compris que c’était inutile.

- Ha… C’est pour ça qu’il est triste ?

- Peut-être.

- Mais il a pas froid ?

- Si. Il a froid au dehors et au-dedans aussi je crois.

- Il a mal.

- Je ne sais pas.

- Ca fait ça quand on se transforme en statue ?

- Je ne sais pas s’il s’est transformé, je crois qu’il est né comme ça. Je crois que la personne qui l’a sculpté voulait dire sa  tristesse.

- J’ai envie de lui enlever la neige pour qu’il ait moins froid.

- Fais comme t’as envie, moi je trouve que c’est très beau au contraire. On reviendra au printemps si tu veux, on viendra voir les oiseaux qui lui picorent le creux des pieds ou des épaules, tu verras se sera beau aussi. Et puis cet été quand le soleil le fera briller ... Tu verras, il sera là, il n’aura pas bougé… C’est bien, tu sais, des fois de revenir à un endroit qu’on connaît bien et de constater que ça n’a pas bougé.

- Pourquoi c’est bien ?

- Parce que ça rassure, ça veut dire que même si on croit que tout fout le camp… et ben, y a toujours des choses qui restent, c’est important… Même s’il y a une guerre, il restera.

- Mais nous non !

- Nous non, peut-être pas … Tu as raison.

- On reviendra cet été ?

- Oui ma puce, on reviendra.

publié dans : Dialogues
Jeudi 10 mai 2007
par Gaïa ajouter un commentaire commentaires (3)   


-         J’ai peur.

-         De quoi ?

-         Du moment qu’il y a après.

-         Ca sert à rien.

-         Ben je sais mais je le fais pas exprès.

-         C’est quoi qui te fait peur ?

-         Les conclusions, les fins, les départs, les « au revoir ».

-         Ca te fait quoi ?

-    Ca me fait le vide, la mort, ça me dit que je vais encore être seule avec mon manque comme un puits sans fond et merde y en a marre!

-      Oui mais tu te rends compte que penser à ça, ça te gâche le moment présent, ce moment où précisément on est ensemble et où c’est joli ?

-         Oui je m’en rends compte mais je peux pas m’en empêcher.

-         Qu’est ce qu’il faudrait pour que ça change ?

-    Je ne sais pas… rien… c’est comme ça… Il va arriver ce moment de toutes façons, je peux pas bloquer le temps et puis les pertes, les séparations on peut pas en faire l’économie. A part s’empêcher d’aimer mais ça je sais pas le faire !

-    Oui c’est vrai… Moi je crois qu’il appartient à chacun de tenter de se rassurer soi-même pour ne pas vivre chaque séparation comme une mort… parce que vraiment les retrouvailles, c’est magnifique… et il n’y a pas de retrouvailles sans séparations.

-         Mouais.

-      Le manque c’est dur, oui… mais c’est personnel, je pense qu’il ne faut pas le coller sur le dos de l’autre en lui disant TU me manques ! Et puis l’autre a le droit de ne pas être en manque de toi !

-         Oui je sais mais c’est difficile.

-         Dire « JE suis en manque de toi » oui c’est difficile, c’est toujours plus dur de dire JE que Tu ou ON… et pourtant c’est bien de JE qu’il s’agit, c’est bien JE qui suis dans le manque…

-         Oui je sais.

-     Alors il faut s’occuper de son propre manque, oser le vivre… Mais le vivre au présent, pas dans le futur à travers la peur par anticipation… et puis le nourrir, tenter de le comprendre et pourquoi pas le rendre joli et puis surtout le reconnaître en temps que tel et ne pas le charger d’autres peurs comme celle de l’abandon par exemple parce que si la relation est sécure ya pas de raison que je vive un abandon et puis même… les relations c’est vivant, ça évolue et ça peut prendre fin, c’est à moi qu’il appartient de le vivre en terme d’abandon ou pas.

-         Ouais ben, ça me rassure pas ce que tu dis…

-      Ben non, je sais bien… je suis là pour t’écouter, pour te dire, pour t’aimer mais pas pour te rassurer parce que même si je tentais de te rassurer ça servirait à rien, je te le répète : c’est à toi de trouver les ressources pour te rassurer toi-même.

-     Oui, ok mais mon manque là, je sais pas trop comment faire pour m’en « occuper » comme tu dis…

-         Et ben je sais pas moi, écrire un dialogue imaginaire sur le manque par exemple… t’as pas un blog ? c’est bien les blogs pour « s’occuper »…

publié dans : Dialogues
Mercredi 16 mai 2007
par Gaïa ajouter un commentaire commentaires (11)   

Un jour Béatrice m’a dit qu’elle souhaitait me présenter un ami. J’ai dit oui, je dis toujours oui à Béa. Et l’ami c’était toi. La rencontre a été magnifique, j’avais le trac parce que je venais pour te raconter une histoire en public… Je t’ai raconté cette légende indienne, l’histoire de ce jeune homme qui vivait dans un arbre et qui devient oiseau, tu te souviens ? Oui tu te souviens. Quand j’ai entendu le bruissement de tes feuilles au moment où le jeune homme de mon histoire s’envole, j’ai su que tu m’écoutais, qu’est ce que j’ai aimé chanter ce chant indien, les yeux fermés et les bras tendus sous ton feuillage, qu’est-ce que c’était fort ! Je n’ai pas osé te toucher ce jour-là, tu m’impressionnais. Et puis je n'ai pensé qu'à toi et le lendemain il a fallu que je revienne et que je te présente et puis aux enfants aussi, ils étaient émerveillés, là j’ai pu te toucher, te regarder, te sentir. Et puis les saisons ont passé… et puis je suis revenue seule un jour où j’étais fatiguée et où j’avais besoin de ton énergie avant de jouer. Quand je t’ai vu ce jour-là dans le froid de l’hiver, je t’ai senti fragile… je me suis trouvée égoïste de venir me regonfler à toi comme ça…Je t’ai enlacé et puis c’est moi qui t’ai donné un peu d’énergie, je sais le faire, j’ai appris tu sais je suis un peu sorcière et puis Béa m’avait dit que tu en aurais besoin parce que l’hiver était rude, elle avait raison. J’ai parlé de toi, j’ai montré tes photos à mes amis, ils ont eu envie de te connaitre, tu sais que je suis convaincante quand j'aime… et là autour de toi s’est tissée une possible rencontre amicale… on était que 2 cette fois mais c’était bien. On s’est racontée, tu as tout écouté en silence. Et puis on t’a fait des câlins, je t’ai demandé en secret comment tu fais pour tenir debout parce que moi je tiens couchée… je t’ai demandé… Je reviendrai... Oui je reviendrai.



















































publié dans : Blablagaïanne
Samedi 19 mai 2007
par Gaïa ajouter un commentaire commentaires (6)   
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