Regards épars

Il était une fois

De vous à moi

Il y a des jours

Avril 2007
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Bonjour et bienvenue

Comme l'a dit Françoise Dolto : "Tout est langage".
 Ici c'est mon langage artistique que j'ai envie de partager avec vous.
Mon dire et ma terre. Dire mes mots, mes émois et moi...


-   Profession ?

-  Marionnettiste.

-  C’est votre métier ? Vraiment ? Vous en vivez ?

-  Non, j’en meurs.

-  Etes-vous conscient de l’acte que vous venez de commettre ?

-  Oui, enfin je…Oui.

-  Qui était la victime pour vous ?

-   Mon amour.

-  Alors, pourquoi ? Que s’est-il passé ?

-  Elle a coupé tous les fils.

- Quels fils ?

- Les fils qui la reliaient à moi, les fils avec lesquels je la faisais danser.

-  Comment ça ?

- Elle était belle vous savez… Belle comme le bois dans lequel je l’avais sculptée, une essence rare, un bois fragile, friable, qui demande beaucoup d’adresse, beaucoup de patience… Elle était belle. Quand elle dansait, Monsieur le juge, on aurait dit une fée, elle tournait comme une reine. C’était ma reine, elle était si fine, si gracile… Jusqu’à ce jour où j’ai senti que ses gestes n’étaient plus les miens… Brusquement, elle décidait, elle se dandinait, elle se déhanchait, c’était… c’était presque grossier, Monsieur le juge, c’était tellement pas elle, c’était… c’était laid ! J’ai pas compris pourquoi... POURQUOI ? Monsieur le juge, pourquoi elle a changé de danse, elle était si belle, c’était notre danse… Il n’y avait plus les fils… Les fils qui la reliaient à mes doigts, elle les avait tous coupés… TOUS ! Ce n’était plus moi qui dessinais ses gestes, ce n’était plus moi qui la portais pour pas qu’elle tombe, ce n’était plus moi… Plus rien… elle n’avait plus besoin de moi. Et puis ce sourire Monsieur le juge, si vous aviez vu ce sourire… Elle souriait à un jeune homme, assis là, au premier rang… il était… il était sous son charme… forcément, elle était tellement belle !!! Elle dansait pour lui et lui, il la mangeait des yeux… il allait la dévorer Monsieur le juge… et moi j’avais peur, j’avais si peur, j’ai toujours eu peur pour elle… Même quand elle dormait dans sa boite j’avais peur pour elle, je surveillais que personne ne vienne la prendre, j’étais là pour veiller sur elle, sur ses jours, sur ses nuits… sur ses danses, sur son sommeil… il allait la salir, elle était si pure…

-  C’est ce soir-là que vous avez mis le feu à votre atelier ?

-  Oui. Dès que le spectacle s’est terminé… j’ai pas attendu le lendemain… je savais qu’il reviendrait le lendemain, qu’il reviendrait la chercher… et je savais qu’elle allait le suivre, si vous aviez vu son sourire… J’avais peur, j’avais mal… je l’avais déjà perdue… j’ai pas voulu que quelqu’un d’autre la touche, vous comprenez ? J’ai pas voulu… Alors je l’ai déposée dans sa boite tendrement comme tous les soirs, je lui ai dit tous les mots d’amour que j’avais inventés pour elle et j’ai rabattu le couvercle. Puis, avec les liens qu’elle avait coupé, j’ai attaché le couvercle à la boite, bien solidement et puis j’ai craqué l’allumette Monsieur le juge, je l’ai craquée et j’ai regardé les flammes qui léchaient les rideaux, puis les costumes, puis les boites, les livres et toutes les marionnettes de mon atelier et puis ma reine… Oui Mr le juge, je suis coupable. Coupable d’avoir tué l’amour que j’avais créé de mes mains, de tout mon cœur, de toute mon âme… J’ai tué mon amour. Condamnez-moi à mort s’il vous plait Monsieur le juge, moi qui n’ai pas eu le courage des flammes…Condamnez-moi vite ! Je suis déjà mort.

publié dans : Fictions
Samedi 7 avril 2007
par Anne ajouter un commentaire commentaires (15)   

Gaïa terre-mère ce matin je te suis née,

Gaïa terre-mère depuis le jour où je t’ai touchée,

Je me sens habitée.

Gaïa, tu me prêtes vie.

Merci.


publié dans : Blablagaïanne
Vendredi 13 avril 2007
par Gaïa ajouter un commentaire commentaires (8)   


Salade de mots véto-pabeaux :

- grave, tumeur, trop vieux, fin, euthanasie…

Appuie sur  pause… Respire… flots… accueille. Pourquoi tu t’excuses ?

- Vous avez encore un peu de temps, le temps d’y réfléchir. Vous êtes libre… libre d’assister à l’acte ou de me le laisser…

- On va peut-être pas faire dans le mélo, je pense vous le laisser, vous ferez… on verra…faut qu'on en parle.

- il vous faut autre chose ?

- Ben l’anti-puce du printemps je vais peut-être pas le prendre… (ha ha, humour toujours !)

Retour maison… vague…

… Et DIRE…tout dire… toujours et encore DIRE… putain de mission !

Ton cri sourd, petit homme, à l’annonce du mot… et puis tes petites gouttes dans mon cou et puis tes sanglots sous la douche…

Et toi grande fille avec tes yeux qui questionnent mon sourire triste…

Tes yeux du réveil qui oscillent entre les miens et qui hurlent en silence…

Je t’ai entendue répondre au téléphone : « non, ça c’est la mort »… l’autre avait dû te dire « c’est la vie »… je me souviens du même échange pour la mort de ma grand-mère. On a les mêmes mots ma fille. On a les mêmes maux…

Sentir sa propre angoisse froide se répandre chez ceux qu’on aime… Le partage grandit l’amour. Il grandit la mort aussi.

Le processus de deuil s’enclenche, avec son cocktail de sentiments ambivalents et contradictoires… les heures passent… les images défilent… les souvenirs… l’enfance ... la votre.

Tu te mets au piano… une triste mélodie de Tiersen… puis : « maman, il faut lui dire à Loris, il faut lui parler »… tu y vas, je t’entends chuchoter… retour piano… impro de notes frappées… puis tu me racontes ton histoire de la mort. C’est bien les histoires… Piano, encore Tiersen. Tu me regardes écrire et pleurer, tu me dis « moi aussi j’ai écrit ».

J’annonce que j’irai, c’est moi qui l’accompagnerai et je resterai… parce que sinon je sais comment je vais le vivre… ABANDON… et je suis pas une abandonneuse !

« Je serai là mon Lolo, je serai là pour fermer les doux yeux qui ont vu grandir mes enfants, je serai là bien sûr ».

publié dans : Vistoires
Samedi 14 avril 2007
par Gaïa ajouter un commentaire commentaires (11)   

-         Tiens tu es là toi ?

-         Oui, ça y est je suis sorti! Ca fait un bout de temps que je gesticule.

-         Oui, ben je sais… je te sens, tu sais.

-         Pourquoi tu m’as bâillonné ?

-         Je sais pas moi, je l’ai pas fait exprès… peut-être  parce que d’habitude un clown c’est gai !

-         Ha bon ? Et t’avais envie de ressembler à tout le monde tout d’un coup ?

-         Non, mais j’aime bien plaire c’est pour ça !

-         Tu me trouves laid ?

-         Pas plus qu’un rouge, non !

-         Je te ressemble quand même…

-         Oui ben ça j’ai vu… Mais tu me fais un peu peur aussi.

-         Pourquoi ?

-         Ho je sais pas moi… Pourquoi… Pourquoi… parce que tu es triste, tiens… Et parce que j'ai peur des clowns des fois aussi...T’es le clown noir ou le clown questionnnant ?

-         Je suis le clown noir qui s’en fout de plaire !

-         Tu me fais pas rire…

-         Attends de me connaître mieux, tu vas voir…

-         J’ai pas le choix c’est ça ? Maintenant que t’es sorti, tout le monde va te voir…

-         Vouais !!!

-         Bon et ben d’accord, je le dis haut et fort : mon clown est noir, noir de chez noir et la vérité c’est que je sens qu’il va me plaire !


publié dans : Dialogues
Mardi 17 avril 2007
par Gaïa ajouter un commentaire commentaires (7)   

Vibrance du rythme,

Caresse des notes,

Chante mon ventre.

Pulsation, courbe, ondulation...

Et me danse.

Ferme les yeux,

Me fais silence,

Ecoute intérieure,

Mon corps ami,

Mon cœur sourit.

Habite l’espace,

Ne fais qu’un avec lui,

Touche ses non limites,

Oublie contours, densité...

Et me vole.

publié dans : Poèmes de sens
Dimanche 22 avril 2007
par Gaïa ajouter un commentaire commentaires (9)   
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