Regards épars

Il était une fois

De vous à moi

Il y a des jours

Mars 2007
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Bonjour et bienvenue

Comme l'a dit Françoise Dolto : "Tout est langage".
 Ici c'est mon langage artistique que j'ai envie de partager avec vous.
Mon dire et ma terre. Dire mes mots, mes émois et moi...

Flic, flac, floc,

Goutte d’eau salée goutte sur ma joue.

Roule, ruisselle et me mouille.

Creuse les sillons du temps.

Me coule et me souille.

 Flac, flic, floc,

Je bois l’amer de l’eau de mes yeux,

Goût de lassitude sourde.

Remplit mon vide de rien.

Me colle, me fige.

 Flic, floc, flaque,

Je me répands, me liquéfie,

Je nage au-dedans de moi.

Je me traverse ou me noie.

Nager jusqu'à l'autre moi.

 

publié dans : Autres poèmes
Dimanche 4 mars 2007
par Anne ajouter un commentaire commentaires (4)   

Se salir, avoir les mains sales. Comme quand elle était petite sur la plage et qu’elle faisait une grosse boule de sable mouillé dans sa main et qu’elle appuyait pour que ça gicle entre ses doigts mal serrés. Ca faisait « tchak » c’était écoeuramment bien. Et puis ça collait. C’était chouette de se salir, pas seulement parce que c’était interdit, c’était chouette parce que c’était chouette. C’est comme sortir de la mer et se coucher dans le sable sans serviette, personne fait ça… elle si ! Ca colle, ça gratte partout mais c’est rigolo, après tu cours à l’eau et ça disparaît d’un coup.

Oui mais là maintenant, quand elle a les mains dans la patouille, sa bouche se tait. Elle n’a plus rien à dire… Rien de rien ! Comme si une boule de terre était en train de lui colmater la gorge. Personne ne comprend son taisage, personne même pas elle alors… Alors replonger les mains dans la patouille et refaire « tchak », ses mains ont envie, elle n’y peut rien… dans sa tête il n’y a plus que de la terre, c’est tellement fort que ça brûle le ventre… de la terre, des formes, des couleurs, des gens, des arbres, toujours des arbres… sa tête s’est vidée de ses mots, de ses phrases, de ses histoires… alors elle se terre, se terre… Se taire !

publié dans : Blablagaïanne
Jeudi 8 mars 2007
par Anne ajouter un commentaire commentaires (4)   

Partenaire inconstant,

Navigateur de mon errant,

Glisse sur le rugueux,

S’attarde en mes creux.

Ton souffle têtu me vide.

Eole, tu me décides.

Ravageur de mes plaines,

Souffleur de toutes les peines,

Plonge en mon antre,

Creuse mon ventre,

Ton souffle incessant me taraude.

Eole, tu m’érodes.

Siffleur perfide et sourd,

Bousculeur de mon amour,

Chavire mon cœur,

Colporte  mes peurs,

Ton souffle ravageur me hante,

Eole tu me tourmentes.

Danseur virevoltant,

Tournoyeur de tous mes temps,

Satine ma peau,

Caresse le creux de mon dos.

Gouverneur de mes sens alanguis,

Ton souffle vibrant me frémis.

Eole, tu me vivifies.

 

publié dans : Autres poèmes
Dimanche 11 mars 2007
par Anne ajouter un commentaire commentaires (4)   

 

- Quand j’étais dans son ventre elle me berçait avec ses mains, elle me disait : « coucou bébé, vient mettre ta tête dans ma main » et j’y allais comme un petit poisson. Des fois elle le disait dans sa tête et ça marchait pareil. Quand elle s’ennuyait avec les adultes on jouait au petit poisson. Un jour elle a acheté une place d’Opéra (moi j’ai pas payé, j’étais cachée dans son ventre) c’était « la flûte enchantée », on était que toutes les deux dans la loge, elle m’a racontée toute l’histoire. Elle disait : « tu entends là bébé… ces vocalises, écoute comme c’est beau c’est la reine de la nuit et là c’est Papageno, il est drôle déguisé en oiseau… ». Elle croit que c’est pour ça que je chante à l’opéra maintenant.

- Moi, quand j’étais dans son ventre elle me laissait toute la place pour que je fasse tout comme je voulais. Elle se reposait beaucoup, elle avait peur que je sorte avant comme toi, alors je suis sorti après pour la rassurer.

- Moi, dès que je suis sortie de son ventre et qu’on m’a posée sur son sein, elle m’a racontée mon histoire dans le creux de l’oreille avant qu’on m’emporte dans la couveuse. Plus tard elle a appris que les mères africaines font ça aussi.

- Moi, quand je suis sorti de son ventre, elle a insisté pour qu’on me mette tout de suite à son sein pour que je boive, elle a dit que c’était important et urgent et je l’ai fait.

- Moi, quand je suis partie en couveuse, elle venait me voir tous les jours et elle ne me laissait pas dans l’aquarium, je passais l’après-midi sur son ventre, c’était presque comme si j’étais encore dedans. Y avait des infirmières qui râlaient à cause des tuyaux que j’avais partout mais elle s’en foutait.

- Moi aussi à la clinique je dormais sur son cœur, elle aimait pas le lit en plastoc.

- Après à la maison, j’avais un lit en rotin qui faisait pas cage.

- Moi, à la maison, j’avais un matelas par terre avec des coussins, quand je grandissais on poussait les coussins et quand j’ai commencé à marcher à 4 pattes je me levais tout seul.

- J’aimais bien quand elle me portait dans le sac ventral et puis quand j’ai été trop grande c’est papa qui me portait dans le sac à dos.

- Moi, elle avait fabriqué un truc en tissu, comme un écharpe. Je me cachais dedans, je dormais et des fois je tétais en cachette, je pleurais jamais là-dedans.

- Ha oui, je m’en souviens elle avait fabriqué le même pour Kouka, ma poupée noire, je faisais semblant qu’elle tétait aussi!

- Quand on allait chez le pédiatre, », il parlait de vitamines, de fluor… elle répondait : « sein » il souriait, il le savait qu’elle avait raison. A la page « régime alimentaire » y avait qu’un seul mot écrit : « sein ». Quand j’ai un peu grandi il a encore essayé de parler d’aliments. Elle a dit : « c’est lui qui décidera du moment où il aura envie de manger autre chose, il se sèvrera tout seul quand il voudra, c’est sa liberté ». Ca a marché, j’ai toujours choisi ma bouffe, c’est cool, enfin… choisi… y a des règles quand même hein ! Jamais vu passer un biberon et encore moins une sucette, j’avais mon pouce et elle disait pour rigoler et pour choquer les gens qui comprenaient pas : « pas de silicone entre nous, rien que de la peau ! ». ha ha ha !

- C’est parce que le mien de pédiatre il lui avait fait faire plein de bêtises avec l’alimentation et surtout avec plein de médicaments forts et d’opérations, plus je prenais de médicaments, plus j’étais malade. Un jour elle a tout mis au WC et elle a tiré la chasse en criant : « ça suffit !» et elle a changé de docteur et de médecine, puis elle m’a demandée pardon mais c’était pas sa faute, elle savait pas. Ca a marché j’ai plus été malade.

- C’est pour ça que j’ai pas été malade moi et que toujours elle dit : « mon fils n’a jamais pris un seul antibiotique ! » et y en a qui disent : « t’as de la chance ! » : n’importe quoi !

- C’est pas pareil d’être le premier ou le second. Pas pareil du tout. Moi j’aurais préféré arriver en second.

- Moi j’aurais préféré arriver en premier, t’as eu plus de trucs!

- Ho que non ! c’est le contraire !

- Non !

- SI !

- NON !!!

- SI !!!!

publié dans : Dialogues
Vendredi 16 mars 2007
par Anne ajouter un commentaire commentaires (5)   

 

Elle était bien, là où elle vivait parce que le dehors ressemblait au-dedans qu’elle aurait voulu avoir si elle s’était pétrie toute seule… seulement pour la pétrissure, on choisit pas… Ce qu’elle aimait le plus dans son monde c’était faire tout comme elle voulait, quand elle voulait… ça c’était bien. Seulement des fois son corps poussait au dedans, ça voulait dire qu’il était pas d’accord avec elle, elle n’aimait pas quand son corps n’était pas d’accord, alors elle poussait dans l’autre sens même si elle savait qu’il gagnait toujours souvent. Un soir elle s’est couchée triste en disant à son corps qu’elle ne l’aimait plus et que si ça continuait, elle irait en acheter un autre et puis boum, elle s’est endormie dans les bras de son lit.

Quand elle s’est réveillée, elle a senti que son corps n’était pas pareil, elle a cru que dans la nuit elle était allée en acheter un autre mais non, ça c’était impossible elle n’avait pas l’argent qu’il fallait. Elle toucha tous ses contours et elle se sentit partout en même temps, c’était pas normal ça !... Elle pouvait toucher toutes les parties de son corps à la fois, c’était pratique pour les chatouilles mais quand même un peu embêtant… elle se leva pour dire bonjour à Marcel son miroir et il lui rendit la même image que les autres matins… Son devant était pareil, son derrière aussi et même ses cotés et puis ses dessous de pieds aussi. Elle essaya à nouveau de toucher… C’est alors qu’elle comprit que son corps avait poussé mais pas comme d’habitude : il avait poussé dehors ! Et à tous les endroits où il avait poussé, ça faisait une main… comme il avait poussé de partout, ça faisait beaucoup de mains : des milliards de milliers de plein de mains… elle essaya de les compter mais le temps qu’il lui aurait fallu ne serait pas rentré dans l’horloge alors elle renonça. Elle demanda à Marcel pourquoi il ne reflétait pas toutes ses mains, il lui répondit qu’il ne reflétait pas non plus son cœur. Alors ça c’était du Marcel tout Marcel : pour la comprenure il fallait se lever de bonne heure ! Oui, mais justement, il n’était pas tard là ! A peine flip heure moins sein à l’horloge capricieuse ! Alors qu’est-ce qu’il fallait comprendre ? Bon, comme son lit lui tendait les bras, elle décida de plonger et boum, elle se rendormit aussi sec même pas mouillée du plongeon…

Et c’est là qu’elle a fait l’explicarêve !

Marcel était là mais c’était pas le même Marcel, il était à l’envers, son dos était devant et sa tête aux pieds, il était très beau ! Il était venu pour lui présenter ses nouvelles mains invisibles parce que lui, il les connaissait bien… Alors, il y avait Patouille la sculpteuse, Boumbam la percutionneuse, Mamam la masseuse, Câlinote la caresseuse… sans oublier Pêcheuse la fille de son père, Libérlé l’ouvreuse de cage, Reikiki la télépathe, Fratrie l’empatheuse, Vidante la colmateuse, Vibrante la serreuse… mais aussi Patouch la curieuse, Ordidi la pianoteuse, Miaou la gratouilleuse… et c’est là que boum ! Toutes ses mains se sont emberlificotées avec les bras de son lit et d’un seul coup d’un seul elle s’est réveillée. Elle s’est levée aussitôt pour aller voir Marcel qui dort toujours que d’un œil. Il était là, au même endroit que d’habitude et à l’endroit comme d’habitude, elle lui fit un sourire et un clin d’œil au sien qui ne dort pas et elle commença sa journée par faire exactement ce qu’elle avait envie… C’était drôlement bien !


publié dans : Fictions
Jeudi 22 mars 2007
par Anne ajouter un commentaire commentaires (5)   
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