La fille, après une chute :
- Aïe !! Maman !!! Mon poignet !!!
La mère, craignant une entorse, demande au vigile :
- Vous n'auriez pas de la glace ?
Le vigile :
- Non.
Dire et Terre
La fille, après une chute :
- Aïe !! Maman !!! Mon poignet !!!
La mère, craignant une entorse, demande au vigile :
- Vous n'auriez pas de la glace ?
Le vigile :
- Non.
Ce soir c’est le Carnaval, les fous danseront des heures.
Et ce soir là, Pablo aime regarder flotter les pétales de fleurs,
Défiler les chars décorés dans les avenues, hélas,
Le petit homme est rêveur et résident des favelas.
Les gangs de Rio de Janeiro où se résignent
Les enfants de douze ans déchirés à la colle de résine
Savent que les touristes affluent en masse là en bas
Pour goûter aux paillettes aux strasses et à la samba.
Ca sent bon la fête, la joie, l’argent, l’amour,
Mais s’il ne veut pas être vendu aux escadrons de la mort pour
Etre abattu comme son frère, Pablo devra voler
Dans le sac des riches rentières ; son couteau pour seul allier.
Mais l’enfant est drogué et trop émerveillé
Par les lumières du soir et le fracas des tambours.
Même s’il sait que la milice est en train de le surveiller,
Il se dit qu’après tout c’est pas la fête tous les jours.
Et puis il tourne, il tourne, et il danse Pablo.
Il se sent libre loin des foules et de ces sombres tableaux.
Il sourit, s’allonge vole et s’effondre étourdi,
Baigne dans une marre de sang au milieu des confettis.
Mais tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Les oiseaux chantent, les étoiles brillent et la Terre reste ronde.
Ronde comme une valse, comme les joues d’un enfant
Qui meurt pendant qu’on danse sur le vieux continent.
Mais tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes,
Les oiseaux chantent, les étoiles brillent et la Terre reste ronde.
La paix n’existe plus, il n’y a que la guerre qui fait semblant.
Une colombe perdue dans un vol de corbeaux blancs.
Il fait nuit le jour dans ces couloirs sombres
Où avance et s’enterre le cortège des ombres.
Ming travaille dans une mine de la Chine profonde,
Tente de préserver son enfance à cent mètres sous les tombes,
Elle chante des comptines quand le charbon l’illumine,
Attend le charme qui l’emmène vers le monde qu’elle imagine.
Elle grave sur les murs sales des galeries des histoires.
La triste mémoire déçue d’une petite ballerine.
Les rizières en contrebas du village où elle grandit,
La brume des matins, l’encens qui s’évanouit,
Et le jour où ses parents ont vendu sa grande sœur
Pour qu’elle fasse des choses avec les mineurs.
Seule, Ming ère durant des heures dans le noir
Et sourit, et pioche, et souffre, mais ce soir
La petite fille n’est pas remontée, elle s’est enfuie
Dans la galerie effondrée où son corps est enfoui.
Refrain.
A douze ans, moi, j’étais un môme effacé,
Préférant la tendresse d’un rêve à la dureté
De la vie rêche, des relations sèches et abrégées.
Ma timidité, ma brèche, de la poudre mais pas de mèche.
Famille éméchée, mes seuls vrais soucis étaient ma mèche.
Les nouveaux survets de mes potes et les baskets qu’on achetait,
Mais je ne pensais pas aux enfants de mon âge là-bas
Qui cousaient nos habits pour deux francs la journée.
Je me souviens avoir eu honte d’aller aux Compagnons du Partage
Alors qu’une famille du tiers monde y ferait un Palais.
Je me souviens avoir compris être complice de l’esclavage
Et qu’être pauvre en France c’est déjà ça de gagné.
Je me souviens avoir eu faim mais pas d’en être mort
Alors je profite plus du peu qui m’est offert et bien moins du confort
Qui rend amer quand, à la télévision,
On nous montre des gosses mourir de la malnutrition.
Envoyons des paquets de riz pour soulager nos consciences sales,
Cinq francs et des sourires, et des millions qui s’envolent,
Qui s’étalent sur nos sols. Je m’interroge aujourd’hui.
Le plus fou est-il le fou ou bien le fou qui le suit ?
Refrain.
Allez ! Réjouissez-vous pendant qu’il est encore temps !
Et dansez ! Dansez ! Dansez !
Cette "Vistoire" a été écrite un mois avant la création de ce blog. A aucun moment avant ce jour l'idée de la publier ne m'a effleurée, d’abord par respect pour « les autres » et puis parce qu’ici plus qu’ailleurs les motdingos pleuvent et n’ont pas été mis là dans un souci esthétique (mon correcteur d’orthographe voit rouge !)… ils ont plu plus que jamais car plus que jamais j’étais écrabrisée et quand je suis désorientée c'est toujours à l'Ouest que ma plume s'envole. Je fais le choix de la publier car aujourd’hui la suite et fin me gratouille et puis aussi parce qu’elle me plait beaucoup (surtout depuis qu'elle est digérée) et qu’elle manque à ma collection. A la relecture, il me semble que je ne trahis personne en la diffusant car il est évident que mes lecteurs n'ont pas les mêmes lunettes que moi (chance!). J’en profite par la même occasion pour vous demander ce qu’évoque pour vous cet assemblage de mots : est-ce qu’il vous vient des images qui vous racontent une histoire ? Est-ce que la musicalité vous plait et peu importe ce que ça dit ? Est-ce que c’est du chinois et le traducteur vous manque ? J’ai besoin de ce petit sondage car ma "soeur de parole", aussi allumée que moi, a depuis quelques temps des idées de mise en scène de "vistoires" (pas forcément celle-là d'ailleurs). Merci de vos retours.
Titamour et les autres
En ce temps-là, Titamour le fils du soleil vivait sur la terre mais il s’ennuyait, personne ne l’appelait jamais, il était un peu solitriste dans son cœur et même ailleurs.
Coqfil le gratteur, Clairobscur la vivote et Blablanne la questionhante étaient sortis du ventre de la terre par une explosion de bruits et de morceaux. Pas la même explosion, chacun la sienne mais aussi vacarmateuses les unes que les autres. Comme pleins de morceaux leur étaient retombés dessus, ils s’en étaient fait des habits, des habits durs et solides qui protégeaient bien de la pluie et du vent glacé qui gifle partout même le dedans. Ils vivaient dans un trou. Pas le même, chacun le sien mais chacun de ces trous étaient creux, silencieux, plein de manque et sans fond. Ils étaient devenus peinturlureurs de noir, mais ils ne peinturluraient pas au même endroit… chacun avait son propre espace de vide à peinturlurer.
Un jour Coqfil et Blablanne se sont rencontrés et immédiatement ils se sont reconnus… comme si, depuis la première des premières des explosions ils avaient trempé dans la même peinturlure ! Titamour commençait à moins s’ennuyer. Ils se sont mélangés les pinceaux, au début c’était drôlissimement doux et puis c’est devenu destroyatrouille et puis un jour il y eut un énorme boucarme et le volcœur de la terre a coulé :
- Inonondations de journées larmouillées
- Défilongues de nuiteuses sourdes
- Ternissures de grisage matins
- Questionnerie de peurs abandolores
- Goufres coulade de poisse-noirceurs.
Mais bien avant ce boucarme, Coqfil avait rencontré Clairobscur et toutes leurs soeurfrèrioles s’étaient allumées, ça faisait un beau luminage dans le matin gris. Ils organisèrent des concerts de silensourds pour guitares sans corde vocale. C’était calme et sans explosion. Titamour les applaudissait en tréformuet.
Pendant que Blablanne feuilletait le grand livre de la terre sous la croissante lune finargentiole… De Tournepages molles en ensommeilloubli, le temps poussa ….
Le temps poussa jusqu’au jour de Vincent l’oreille. C’était un jour froid parce que le soleil était occupé à bloquer le temps. Ce jour-là Blablanne et Clairobscur ont blablater de vuevraie. C’était plus clair qu’obscur et le froid est resté dehors. Titamour brillait presque autant que son papa.
Et puis le grand livre de la terre s’est feuilletourné tout seul et chacun a continué à peinturlurer son vide et il y a eu des vides pleins de noir et des noirs pleins de vide et beaucoup de solipeurs, de cauchemarre, de brisailes et de fumettes d’amnésie.
C’était la nuit quand le volcoeur de la terre a encore coulé dans un bruit de crapaud malade :
- Liliteuse perdue engluterre
- Questionnerie de peurs mortodolores
- Crifiltripes maladroiteuses
- Trahissure de confianflèche
- Etrianglée de voimour
Au petit matin il y avait des morceaux partout mais personne pour les ramasser. Quand le soleil s’est réveillé il a dit : « C’est ça la fin du monde ? ». Et puis il a appelé : « Titamour ! Titamour ! Arrête de faire le sourd, mon Titamour, répond-moi !». Mais Titamour ne répondait pas… l’explosion l’avait mortympanisé ! Et puis il avait eu tellement peur qu’il était devenu transparent. Il faudrait le soigner, il faudrait recoller tous ces morceaux, il faudrait quelqu’un pour colmatouiller le volcoeur de la terre… Le soleil était bien trop occupé. Il se sentait seul et fatigué mais il n’allait pas s’arrêter de briller puisqu’il ne savait faire que ça. Alors il allait briller et enlumiériser tous les morceaux des trois peinturlureurs et surtout de Titamour et puis il verrait bien… oui, il verrait bien, il n’avait plus que ça à faire.
Si tu mourais, ça ne me tuerait pas, non ça ne me tuerait pas.
Si tu mourais, je sais que je survivrais parce que j'ai déjà survécu.
Si tu mourais, les murs de mon hurlecreuse couleraient,
Une pluie acide ruissellerait, creusant plus encore mes parois.
Si tu mourais, j'en voudrais à la société qui t'as enfanté
De n'avoir pas su te porter, te nourrir, te bercer.
Si tu mourais j'en voudrais à tous et puis à moi,
De n'avoir pas su les mots, pas pu les gestes,
Si tu mourais j'en voudrais aux autres mais pas à toi.
Si tu mourais, toi, je te pardonnerais.
Le temps avait bien poussé depuis le jour de la dernière explosion du volcoeur de la terre. Le soleil avait lustré tous ses rayons et il avait redoublé d’efforts pour enlumiériser tous les morceaux. A force de lumière, Titamour était redevenu visible mais ses tympans étaient toujours aussi mortifiés. Blablanne s’était retrouvée en trimille morceaux, elle s’était appliquée à les rassembler, elle ne savait pas très bien compter mais il lui semblait qu’il ne manquait personne, à part une miette de creudos mais tant pis, c’était plus visionnable qu’un volcoeur explosé mais ç’était moins criant. Elle avait mis les mains dans le volcoeur de la terre et elle avait patouillé, patouillé encore et encore, jusqu’à ce qu’elle arrive à tout recoller. C’était fatigadur mais elle était courageuse. Le temps avait encore un peu poussé et puis un jour, elle était arrivée à marcher. Ce jour là, quand elle avait fait ses premiers pas sur le chemin droitordu, elle avait fait semblant de ne pas remarquer l'absence des deux autres peinturlureurs, elle savait que si ses yeux s’ouvraient d’un seul coup pour voir sa solicreuse, elle ne pourrait jamais plus poser un pied devant l’autre. C’est alors qu’elle vit Titamour, il était là, dans un coin de vide et il était bien plus désertifié qu’elle, il n’avait pas bougé depuis des nuits et des nuits sans jour! Elle pensa qu’il lui faudrait un médicâlin mais ça faisait des siècles qu’elle n’en avait pas donné… Et si elle n’en avait plus ? Elle eut très peur que ses bras soit aussi vides que le reste. Elle les ouvrit quand même, pour voir… Elle n’eut aucun mal à enlacer Titamour tellement il était minustrouble. Aussitôt, elle sentit une chaude brume engourdifier ses mains, puis grimper le long de ses bras et puis partout dans son dedans… Titamour était habité par la chaleur de son papa mais si personne ne l’avait médicâliné il ne l’aurait jamais su. Ils s’endormirent et restèrent ainsi l’un dans le creux de l’autre pendant une éternitude… et puis, il est arrivé l’heure où Titamour s’est reconnu dans le miroir des yeux de sa câlineuse, alors il s’est envolé. Elle l’a regardé monter dans le bleuciel, elle était fière de lui, il était tellement lumineux! Elle a attendu que son papa lui ouvre grand les rayons et puis… et puis elle a regardé ailleurs. Elle a regardé tout autour d'elle et elle a vu, elle a vu qu’elle avait beaucoup de choses à faire et à découvrir. Elle a d’abord découvert qu’elle avait laissé un bout de son nom sur le chemin droitordu…Elle n’alla pas le chercher, la questionhante resterait perdue, elle n’en voulait plus. Et puis elle a découvert que le volcoeur de la terre était parfaitement colmatouillé, elle pouvait rentrer chez elle et reprendre sa peinturlure là où elle l’avait laissée, mais son seau n’était plus noir, il était rempli d'une floritude de couleurs, le temps était donc venu pour elle de devenir peinturlureuse d’arc en ciel.
De vous à moi