Dire et Terre
Je suis Mer dans tout mon être,
Et dans tout mon avoir aussi…
Je suis Mer dans tout mon plein,
Et dans tout mon vide aussi…
Je suis Mer dans tout mon perdu,
Et dans tout mon retrouvé aussi…
Mer. Infiniment Mer,
Indéfiniment Mer.

Pardon, mon ami, mon amour, mon frère,
D’avoir lâché ta main cette nuit là.
J’ai d’abord lâché la mienne tu sais.
Je n’ai pas pu me retenir de mourir.
ll y avait nos doigts entrelacées,
Nos âmes mêlées, nos silences partagés.
Mais ma vie s’en était déjà allée,
Je n’ai pas pu me retenir de mourir.
Je sais que chaque jour qui naît porte mon souvenir,
Fille du vent, légère et invisible,
Je passe, je repasse, virevolte et tournoie,
Je n’ai pas pu me retenir de mourir.
Co-locataires de mon dedans,
L’enfant-vit et l’enfant-meurt,
Se disputent la vedette.
Faiseurs d’intempéries dans mon ciel tourmenté,
Ils me jouent à cache à cache.
Tel un ressac incessant,
Le tour de rôle arbitraire de leur jeu sans règle,
Chahute toutes mes parcelles...
Ici me vit, ici me meurt,
Là-bas me rit, là-bas me pleure.
Piètre dompteuse d’enfants,
Je me laisserai jouer…
Jusqu’à la fin de mes temps.
De vous à moi